Coronavirus : 5 leçons essentielles à tirer de la crise !

écologie et Coronavirus

Le message écologique de la pandémie du coronavirus encore ignoré…

Il parait évident, à en juger par les masques et les gants jetés qui polluent les paysages et l’océan, que nombre d’entre nous n’ont pas encore saisi le message écologique de la pandémie du coronavirus.

« Il est temps d’être plus proactif pour éviter une seconde vague et prévenir les zoonoses endémiques », a déclaré Inger Andersen, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Cela signifie que nous devons reconnaître que la santé humaine, la santé animale et la santé planétaire ne peuvent être dissociés afin d’orienter nos actions en conséquence.

Quelles leçons tirer de la COVID-19 ?

Depuis que la COVID-19 a frappé la planète en début d’année, les scientifiques ont investigué et documenté longuement sur les causes de l’émergence du virus… En effet, les principales causes mises en avant, par les scientifiques, sont la pollution atmosphérique, les bouleversement des habitudes et des origines alimentaires, le rapprochement des animaux de l’homme pour cause de déforestation et une domestication tout azimut d’animaux jusqu’ici réservés à la vie sauvage. Autant les scientifiques restent encore divisées sur la cause exacte ou l’origine du Coronavirus mais tous s’accordent autour de grandes leçons, qui devraient servir de fer de lance dans la construction du monde de demain, dont voici la synthèse :

1. Assainir l’air que nous respirons – L’air est et doit rester une ressource gratuite et qualitative pour tous

On sait que la pollution de l’air est à l’origine de nombreuses affections sous-jacentes – les fameuses comorbidités comme les maladies pulmonaires et cardiaques – qui rendent le coronavirus mortel pour certains patients. Mais c’est loin d’être le seul facteur favorisant la COVID-19…

Au début de l’épidémie en Italie, une équipe de scientifiques dirigée par Leonardo Setti, de l’université de Bologne, a découvert que l’ARN de la COVID-19 se fixait aux particules de pollution atmosphérique à Bergame. La découverte de Setti soulève la possibilité que la COVID-19 a pour vecteur les particules de pollution de l’air.

« C’est la première preuve que l’ARN du SARS-CoV-2 peut être présent sur des particules extérieures », écrit Setti dans Environmental Research, « suggérant ainsi que, dans des conditions de stabilité atmosphérique et de fortes concentrations de particules, le SARS-CoV-2 pourrait créer des grappes par agrégation de particules extérieures et, en réduisant leur coefficient de diffusion, augmenter la persistance du virus dans l’atmosphère ».

Une étude ultérieure menée par des scientifiques roumains a comparé les niveaux de pollution atmosphérique par les particules à Milan de janvier à avril aux cas totaux de COVID, aux nouveaux cas et aux décès.

« Bien que l’on considère que le virus est principalement transmis par les bioaérosols intérieurs, les gouttelettes et les surfaces infectées, ou par des contacts personnels directs entre humains, il semble que les niveaux élevés de pollution atmosphérique urbaine, les conditions météorologiques et les conditions climatiques spécifiques ont un impact significatif sur l’augmentation des taux de COVID-19 confirmés », concluent les Roumains.

Valentina Bosetti, scientifique senior à l’Institut européen d’économie et d’environnement, a confirmé qu’il y a deux façons dont la pollution de l’air peut influencer la façon dont la COVID affecte les gens : en créant des conditions favorables et en gardant le virus en altitude plus longtemps.

« Les deux angles de vue sont intéressants », a déclaré Bosetti sur Resources Radio (magazine et chaîne de radio mondiale spécialisés dans les sujets environnementaux, d’énergie et de ressources naturelles), mais des données plus précises sur la pollution de l’air sont nécessaires pour confirmer ces hypothèses. « Je pense qu’il est très difficile d’avoir le dernier mot sur ce sujet. »

2. Préserver les espaces sauvages

Dans le sillage du VIH, du virus Ebola et du SRAS, les scientifiques ne tarissent pas de recherches et de publications sur des cas de virus venant de la chauve-souris et pouvant potentiellement causés des épidémies. En effet, d’une part, les scientifiques s’accordent à dire que la chauve-souris jouit d’une immunité exceptionnelle et peu courante chez les mammifères placentaires, d’autre part, ils constatent assez aisément que l’accélération de la déforestation de ces 10 dernières années amenuisent considérablement les frontières entre ce dernier et l’homme.

« La déforestation et la vente d’animaux sauvages vivants ou de viande de brousse, tels que les chauves-souris et les singes, rendent inévitable l’émergence de nouveaux virus, tandis que la croissance démographique, l’urbanisation dense et les migrations humaines facilitent leur propagation », a déclaré le Dr Seth Berkley, responsable de l’Alliance GAVI – une initiative internationale à but non lucratif pour la mise au point de vaccins – dans Scientific American.

Par ailleurs, loin d’être nuisible à l’être humain, pour que nous les maintenons dans leur espace naturel, le système immunitaire des chauve-souris détient la clé d’un potentiel traitement pour faire face aux épidémies virales.

3. Élargir notre conception de la santé

« La COVID-19 est l’une des pires zoonoses, mais ce n’est pas la première », a déclaré M. Anderson du PNUE. « Ebola, le SRAS, le MERS, le VIH, la maladie de Lyme, la fièvre de la vallée du Rift et la fièvre de Lassa l’ont précédée. Au cours du siècle dernier, nous avons assisté à au moins six grandes épidémies de nouveaux coronavirus. 60% des maladies infectieuses connues et 75% des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses. Au cours des deux dernières décennies et avant la COVID-19, les maladies zoonotiques ont causé une perte économique estimée à environ 100 milliards de dollars à l’économie mondiale ».

Face à cette accélération des cas épidémiques, nombre de solutions émergentes et prometteuses alliant urgence climatique et sanitaire sont à l’étude pour une solution pérenne…. a déclaré M. Anderson. Les principaux leviers de sortie sont et ont toujours été : l’arrêt de l’exploitation industrielle et abusive de la faune et des ressources naturelles, l’interdiction d’une Agriculture intensive au profit d’une agriculture plus durable, la reforestation des espaces verts afin de préserver la santé des écosystèmes. Encore une fois, santé humaine ne peut que rimer avec santé animale et santé environnementale. 

« Une partie de ce processus consiste à adopter d’urgence une expertise et une politique intégrées en matière de santé humaine, animale et environnementale – une approche « One Health ». L’approche « Une santé transversale ou intégrale » n’est pas nouvelle, mais une lente adoption et le faible soutien institutionnel dont elle bénéficie font qu’elle ne s’impose pas encore à tous comme la nouvelle priorité du 21ème siècle. Par dessus tout, il nous faut constater que le maillon le plus faible de la chaîne est la santé environnementale afin de basculer véritablement vers une transition écologique ».

4. « Mangez plus vert »… i.e adopter des habitudes alimentaires plus écologiques

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, a appelé en avril à la fermeture des marchés d’animaux vivants comme celui de Wuhan où la COVID-19 se serait transmis des animaux aux humains :

« Je pense qu’ils devraient fermer ces marchés immédiatement », a-t-il déclaré aux animateurs de Fox & Friends. « Je suis stupéfait de voir qu’il y a tant de maladies, qui émanent de cette interface inhabituelle entre l’homme et l’animal, qu’on ne sait pas facilement solutionner ».

Mais certains médecins ne font guère de distinction entre le marché des animaux vivants de Wuhan et les abattoirs et centres de transformation de viande en Occident.

Selon l’extension coopérative de l’université de l’État de Virginie, il existe 15 maladies du bétail susceptibles de passer à l’homme, dont l’anthrax, la salmonellose et la tuberculose. Les poulets sont également porteurs de salmonelles, ainsi que de la grippe aviaire, de la campylobactérie et d’E. coli. En juillet, le centre pour le contrôle et la prévention des maladies a tiré la sonnette d’alarme concernant l’évolution de la grippe H1n1 – une grippe porcine – dont les caractéristiques suggèrent qu’elle pourrait se propager à l’homme.

Ces maladies pourraient être moins surprenantes que la COVID-19, mais le nouveau coronavirus a également démontré une relation étroite avec la manipulation viande, y compris en Occident.

« De multiples épidémies de COVID-19 chez les ouvriers d’usines de transformation de viande bovine ou de volaille se sont produites récemment aux États-Unis », a rapporté le CDC ce mois-ci.

Dans le tout nouveau « Journal of Disease Reversal and Prevention », un groupe de médecins de Chicago en a également fait état – ainsi que la relation entre la consommation de viande et les maladies cardiaques – en demandant une évolution des habitudes alimentaires humaines :

« Étant donné que les deux plus grandes pandémies de ces 100 dernières années tournent autour de nos choix alimentaires – en particulier la consommation d’animaux – nous proposerions un moratoire mondial sur ce sujet afin d’aboutir à une évolution de nos habitudes alimentaires », écrivent les docteurs Mashaal Ikram et Waddah Malas de l’hôpital Mercy et le chef de la cardiologie de l’université de Rush, Kim Allan Williams.

5. Faire confiance à la Science

Le bon côté des choses, c’est que la pandémie de coronavirus a démontré la capacité de l’homme à répondre aux menaces environnementales au niveau individuel comme à l’échelle mondiale.

« Le grand public a accepté – je dirais même étonnamment – des changements dans sa vie qui sont inconfortables, voire déchirants », a déclaré Robert Socolow, physicien théoricien de Princeton, qui a axé sa carrière sur les interactions entre l’homme et son environnement naturel.

« Ces cinq derniers mois, au-delà des quelques divergences venant du monde scientifique, le message unanimement relayé par tous les scientifiques, qui somme aujourd’hui comme une évidence, est le point commun entre changement climatique et épidémie du Coronavirus » a-t-il martelé. « Vous devez écouter les scientifiques. Mais dans le cas présent, les scientifiques ont été écoutés », rajoute-t-il.

Malheureusement, notre espèce ne semble vouloir écouter que lorsqu’elle est confrontée à des menaces imminentes, laissant s’aggraver les menaces à long terme comme le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution plastique.

« Il est très difficile pour le cerveau humain de s’enthousiasmer pour des choses qui n’arrivent pas maintenant », a déclaré Daniel Gilbert, psychologue à Harvard, à NPR. « C’est pourquoi les gens ont du mal à se lever et à utiliser le fil dentaire dès le matin, par prévention, car les gênes dentaires, dont ce dernier est la solution, ne subviennent que plus tard dans la journée après accumulation de plaques dentaires ».

La pandémie de coronavirus offre donc des enseignements essentiels pour les menaces futures.

« Les États-Unis ont été plus mal lotis que d’autres pays, non pas par manque d’information ou de financement », a déclaré le Dr Ali S. Khan, directeur du Bureau de la préparation et de l’intervention en matière de santé publique des Centres de contrôle et de prévention des maladies, « mais parce qu’ils n’ont pas su tirer les leçons des dernières épidémies. »

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